"Agir en primitif et prévoir en stratège."

R Char

CHASSE - Chasse à l'arc au nord du Cameroun

1. Pourquoi le Nord du Cameroun ?

Le nord du Cameroun est une bonne approche de l’Afrique : c'est une  réduction des paysages  africains et il permet de chasser   des animaux variés et sauvages, dans un territoire immense et sans clôtures. Ici le risque de se perdre est réel et dangereux. C’est pourquoi chaque archer est obligatoirement accompagné d’un pisteur qui connait le terrain.
Du céphalophe roux d’une dizaine kilos, très apprécié des américains pour le trophée, au buffle équinoctial qui peut atteindre 800 kg, en passant par une douzaine d’animaux intermédiaires, le chasseur peut traquer l’animal de son choix. Chaque jour, de cinq du matin à dix huit heures, l’approche, la billebaude où l’affût  avec de bonnes opportunités de  flécher.
La chasse est authentique et évidemment difficile, le gibier est sauvage et très résistant, aux aguets en permanence, l’environnement est immense, dur, cahoteux, le climat est très chaud et sec. Bref, le bonheur pour un archer qui veut confronter son habilité et sa ténacité aux animaux mythiques de la chasse en Afrique sans risquer de flécher un pseudo gibier acheté quelques semaines avant par le propriétaire de la ferme. Pas de propriétaire, pas de ferme, pas de ligne électrique, pas de village, pas de hutte hormis notre boucarou qu’on retrouve avec bonheur le soir.
Chaque petite erreur se paye par la disparition du gibier, chaque succès est un immense bonheur d’avoir trompé la vigilance d’un animal qui est tout entier sur la défensive.  
Le soir, fourbu mais heureux d’avoir chassé toute la journée, attendant le plat de brochettes d’ourébi, de grillades de Guib ou de ragout de buffle,  sirotant un whisky amplement mérité,  on goûte un moment de pur bonheur, en cohérence complète  avec que je suis au plus profond : un prédateur civilisé.

 

2. Compte rendu de chasse à l'arc 2007

2.1 Le voyage:

Il faut six heures d’avion pour arriver à Garoua, capitale de la province du Nord du Cameroun, qui accueille classiquement les chasseurs français tentés par un safari ainsi que des habitués pour qui la brousse n’a plus de secrets. Conversations de chasse à chaque siège de l’avion, calibre 375 HH, buffle énorme, Elands de Derby exceptionnels …L’avion arrive vite dans ces conditions. La température à l’ouverture des portes  donne le ton du séjour : 43° contre – 2° dans la Meuse profonde.
« Bienvenue au Cameroun ! » me lance un jeune camerounais rigolard.
Quelques  guides sont là à l’aéroport pour accompagner les chasseurs sur le départ et accueillir des nouveaux et les assister dans les formalités douanières. Plus d’une vingtaine de camps de chasse se repartissent sur le nord autour des parcs nationals de la Bénoué ou du Faro. Nous avons choisi Patrick Le Parc, breton et fier de l’être qui a l’avantage d’avoir une opinion favorable sur notre loisir favori : l’arc. Notre guide, qui est aussi chef de camp, a loué depuis trois ans un camp de 100 000 ha dans l’unité de gestion La Vina, zone 17. J’ai vérifié l’abondance du gibier et sa saine gestion. Les formalités sont rapides, la valise d’arc ne pose, pour une fois, aucun problème métaphysique au douanier qui me laisse passer. Les sacs aussitôt hissés dans les pick up, nous allons à l’Hôtel le plateau, le plus proche et le plus désert pour des voyageurs qui préfère aller à la Bénoué, ancien Novotel. Il y a pourtant des chambres climatisées, douches, wc pour un prix qui concurrencerait le Formule 1 national (12000 FCA, soit 120 Frs, soit même pas 20 €).
Hors de question de partir dans l’après midi car il faut au moins six heures de piste pour aller au camp. Ici, il fait complément noir vers 6h 30 et on ne voyage pas la nuit à cause des coupeurs de routes qui officient parfois sur la piste qui nous emmène vers le sud. Douche, vérifier le matériel, boissons; nous commandons un dîner avec un capitaine pour nous mettre dans l’ambiance. J’ai bien l’intention de pêcher quelques jours afin de prendre le capitaine  (ou perche du Nil) qui est fréquent dans La Vina au deuxième camp qui accueille généralement les chasseurs désireux de chasser le prestigieux éland de derby ou tout simplement les pécheurs attirés par les énormes capitaines (le record est de 55 kg) ou les bingas, poissons tigre, capables de faire des cauchemars au pécheur tellement il est laid :  des dents saillantes et bien visibles coupent les rapalas avec une facilité déconcertante.
Le capitaine est délicieux et nous allons nous coucher rapidement. Départ six heures afin de faire le maximum de kilomètres avant que la température  nous assomme. Le lendemain, frais et dispos nous chargeons la voiture des courses apportées par Moussa pour une quinzaine de jours de légumes, fruits et boissons. La température est agréable et nous partons sous le chant du Muezzin…
Nous passons la Bénoué où l'on peut voir des hippopotames  quasi apprivoisés et nous quittons Garoua pour le sud. Un rapide détour pour voir le boucarou de « Roger la pintade » qui, au temps de la splendeur des safaris, arroserait le broussard assoiffé au retour d’une chasse, la carabine posée sur la table et  racontait jusqu’à plus soif, les exploits de chasse. Roosevelt passait parfois pour s’encanailler souvent accompagné d’Hemingway. On murmure ici que le récit des safaris de ses romans est plus issu de ses beuveries en écoutant les histoires fantastiques  des aventuriers qu’à ses quelconques exploits dans la brousse…
Avant cette époque passionnante et foisonnante,  les safaris partaient de  N’gaoundéré, plus au sud, chef lieu de la province Adamaoua où la gare permettrait d’acheminer le matériel, les vivres et les personnes arrivés en bateau à Douala.
Ils partaient ensuite, au début à pied,  pour Ndock petit village qui est situé dans notre réserve.
Nous passons la Bénoué et roulons vers le sud sur une route goudronnée. Pas pour longtemps, une piste défoncée de latérite nous attend, capable de démonter le 4x4 le plus solide en pièces détachées. Tôles ondulées, trous et bosses sont le cauchemar des 4x4 qui ne résistent pas longtemps aux assauts répétés du voyage  aller  et retour des chasseurs. Des pannes sont fréquentes. Une compagnie aérienne a eu l'idée de proposer le trajet Garoua- N’gaoundéré qui ramenait le voyage en voiture à deux heures de route goudronnée. Succès immédiat, mais vite tempéré par les ardeurs de l’administration camerounaise qui réclame des impôts fantaisistes. Fin de l’histoire et retour sur la piste comme souvent en Afrique. Garoua a son aéroport et N’gaoundéré  a son train qui ravitaille Garoua en nourriture.
Enfin au camp nous sommes traditionnellement accueillis par tout le personnel camerounais. Harassés mais heureux d’être enfin arrivés, nous nous sommes  précipités vers une douche car nous sommes maculés de poussière de piste. 
Nous avons tous un boucarou personnel avec deux lits, pardon deux cercueils en terre avec un matelas et une salle de bains et un WC. L’eau dont on dispose arrive d’un fût hissé sur une cheminée à l’extérieur qui permet, outre une certaine pression de l’eau, le chauffage de l’eau par un feu entretenu tous les soirs au bas de la cheminée…
Nous avons donc de l’eau chaude et du courant quand le groupe est en marche.

Que demande le peuple ?

2.2 L'équipement:

Je dispose d’un compound bow tech de 80 livres et des  flèches  « Terminator  Hunter » alourdies de 800 grains. Les lames sont lourdes, 210 grains et je dispose de plusieurs marques. J’ai  quelques de flèches plus lourdes de 880 grains pour le buffle. J’ai un recurve démontable pour le petit gibier, mais je m’en suis pas servi .J’ai fléché les francolins et les pintades avec mon compound ce qui m’a permis de m’entraîner chaque jour tout en ayant toujours des flèches pour une rencontre éventuelle. Bonne solution. Un tabouret est recommandé pour les longs affûts. Un filet pour les mouches Tsé Tsé et des gants en cuir car elles traversent les gants en tissu. Le vrai danger en Afrique, ce n’est pas le lion, le buffle, où le crocodile, c’est les mouches Tsé Tsé et les moumoutes ! Crème et cachets sont indispensables. Le paysage est vert et jaune paille. Pas besoin d’avoir un habillement camouflé. Le vert est bonne solution, type treillis de l’armée qu’on trouve chez Décathlon. Le brun aussi, surtout si on chasse dans les pailles où dans un toléré. Pas de vêtement coûteux car on se salit énormément. C’est aussi une bonne solution pour alléger la valise en fin de la chasse en donnant quelques vêtements aux pisteurs qui en ont besoin. Excellentes chaussures, pas neuves, qui tiennent bien les chevilles. Le sol est dur, jamais plat. Pas de pataugas sauf pour un affût pas trop loin du camp.

 

2.3 La chasse:

Présentation du camp de base au Cameroun avec pistage de buffle fait par un guide de "Celtic Safari":


Celtic Safari au Cameroun
envoyé par naturarc